Conte et sophrologie

Le conte comme allié thérapeutique

 

En effet le conte parle au coeur et à la raison. 

Il se propage de bouche à oreille comme le message du Sophrologue, il emprunte les mêmes chemins.

La voix du conteur et du Sophrologue devient médiateur entre le corps et l’esprit, fait un pont entre le conscient et l’inconscient. Il permet de comprendre ce qu’il se passe à l’intérieur de nous-même, d’explorer nos caves et nos greniers.

Enfin le conte comme la Sophrologie, tisse un lien invisible entre les hommes, les relie par la force des mots, des images et du sens, il guérit parfois, il apaise souvent. 


"Dans les contes de fées, les processus internes de l’individu sont extériorisés et deviennent compréhensibles parce qu’ils sont représentés par les personnages et les évenenments de l’histoire. C’est la raison pour laquelle, dans la médecine traditionnelle hindoue, on soumettait à la méditation des personnes psychiquement désorientées un conte de  fées qui mettait en scéne son problème particulier. En contemplant, pensait-on, le sujet devait être amené à prendre conscience à la fois de la nature de l’impasse où sa vie s’était fourvoyée et de la possibilité de trouver une solution. Ce que suggérait tel ou tel conte sur les espoirs et les désespoirs de l’homme et sur la façon de surmonter les épreuves permettait au patient de sortir de sa détresse, mais également un moyen de se découvrir lui-même, comme le faisait le héros de l’histoire. Mais la fonction la plus importante des contes de fées pour l’individu en cours de croissance est bien autre que de lui donner des leçons sur la façon dont il doit se conduire en ce bas monde; la religion, les mythes et les fables sont pleins de cette sagesse. Les contes de fées ne prétendent pas décrire le monde tel qu’il est; ils ne donnent pas davantage de conseils sur ce qu’il convient de faire. S’il en était ainsi, le patient hindou serait poussé à se conformer à un modèle de comportement imposé, ce qui serait une thérapeutique déplorable, et même tout le contraire d’une bonne thérapeutique. Les vertus thérapeutiques du conte de fées viennent de ce que le patient trouve ses propres solutions en méditant ce que l’histoire donne à entendre sur lui-même et sur ses conflits internes à un moment précis de sa vie. La matière du conte qui a été choisi n’a en général rien à voir avec la vie apparente du malade, mais elle est étroitement liée à ses problèmes internes qui semblent incompréhensibles et donc insolubles. Le conte de fées ne se réfère pas clairement au monde extérieur, bien qu’il puisse commencer d’une façon assez réaliste et qu’il soit tissé de faits quotidiens. La nature irréaliste de ces contes (qui leur est repprochée par les rationalistes obtus) est un élément important qui prouve à l’évidence que les contes de fées ont pour but non pas de fournir des informations utiles sur le monde extérieur mais de rendre compte des processus internes, à l’oeuvre dans un individu (...)”

 

Extrait de La psychanalyse des contes de fées de Bruno Bettelheim. 

Dernière mise à jour de cette rubrique le 07/02/2008

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